Grâce au plaidoyer et la mise en place de charte de gestion foncière locale, les femmes rurales ont accès à des terres agricoles dans les régions de Ségou et Sikasso

Parmi les acteurs du monde rural au Mali, les femmes jouent un rôle central et sont les premières affectées par l’insécurité foncière. Elles représentent 51,6 % de la population dans les campagnes, constituent 60 % de la main-d’œuvre agricole et apportent environ 80 % de la production alimentaire. Mais, elles font face à un statut précaire au regard du droit coutumier, qui ne leur reconnaît pas le droit d’être propriétaires des terrains qu’elles cultivent. Alors que ces dernières années, la spéculation foncière s’est accélérée dans le pays, elles sont les premières victimes de la concurrence ; sans titres de propriété, souvent sans revenus pour accéder à des parcelles dont le prix est devenu trop élevé.

C’est dans cette optique que le projet MYS, pour faciliter l’accès sécurisé des femmes à la terre agricole dans la région de Sikasso et Ségou a appuyé plusieurs communes pour la mise en place des chartes de gestion foncière genre sensible à travers la mise en place des cadres de concertation, des rencontres d’élaboration, validation et signature par l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion foncière tel que les mairies, les autorités administratives(sous-préfet et préfet), les services techniques (génie rural, agriculture, élevage, pêche, eaux et forêts), les chefs de villages, chefs religieux, responsables des organisations agricoles, les organisations de femmes, les chasseurs, les représentants de la  jeunesse, les ONG partenaires .

Lors des rencontres des acteurs, plusieurs activités ont été définies : les règles conventionnelles à la suite des différentes propositions de chaque couche, faire l’état des lieux de modes d’accès et de gestion foncière, identifier les contraintes et les propositions ou recommandations favorisant l’accès et la sécurisation des droits fonciers au profit des femmes. Ces règles sont validées, signées par tous les acteurs et délibérées par le bureau communal par une session. Le dossier est transmis au Préfet pour son contrôle de tutelle conformément à la législation en vigueur sur la base de délibération du conseil communal. A la suite de cette étape, le maire prend un acte règlementaire relatif à la convention qui sera publié par le soin des autorités communales. Trois (3) chartes de gestion foncière locale, genre sensible ont été mises en place au profit des femmes de communes de Farakala (12 villages) et Niéna (45 villages) dans le cercle de Sikasso, de Boidiè (25 villages) dans le cercle de Barouéli.

De 2018 à nos jours, plus de 4500 femmes rurales ont été formées et sensibilisées sur les procédures d’acquisition et sécurisation des terres agricoles avec les outils de transaction foncière et 300 hectares sont acquis dont 250 hectares sont sécurisés par les outils de transaction foncière au profit des femmes dans les 07 cercles d’intervention du projet MYS. Les associations des femmes obtiennent aujourd’hui des sites de périmètre maraicher de 5 à 20 hectares d’espace pour le maraichage selon la disponibilité dans les zones de l’office du Niger.

Elles / ils témoignent…

Fata Diamouténé, Présidente des femmes de la commune de Farakala 

« Grace aux actions du projet les choses ont beaucoup évolué qu’avant. Auparavant, nous les femmes, ne pouvions même pas aborder des questions foncières. Maintenant, les autorités coutumières et villageoises en sont conscients. Notre coopérative a eu 04 hectares auprès des autorités pour le maraichage. Je suis très satisfaite car en plus de l’accès sécurisé des terres agricoles, nous les femmes, sommes impliquées et participent dans la prise des décisions dans la gestion foncière dans notre commune. Aujourd’hui nous les femmes de la commune de Farakala, sommes rassurées en termes de l’accès à la terre sécurisée. Merci à AMEDD/ONU Femmes et ses bailleurs de nous doter des outils efficaces qui nous permettent aujourd’hui de défendre nos droits fonciers et aussi de nous offrir un cadre favorable pour nous permettre d’exprimer et de prendre en compte nos besoins dans les plans de développements économiques de la commune ».

Sanata Koné Présidente dela coopérative Yéréwolo des femmes du villagede Témou, commune de Dougabougou(Ségou)

« Aujourd’hui nous, les femmes du village de Témou ont 20 hectares de superficie agricoles en notre nom propre grâce aux appuis de AMEDD et ONU Femmes. Au départ on avait des petites parcelles qui nous ne permettaient pas de générer des revenus satisfaisants. Nous sommes libres aujourd’hui dans l’exploitation de nos champs sur les 12 mois de l’année ».

Baber Sanogo Maire de la commune de Farakala 

« Les actions menées par le projet dans le cadre de l’accès des femmes à la terre agricole ont permis à nous les élus et la commune elle-même de mieux connaitre les outils de transactions foncières, d’être outillé pour prendre des décisions en la matière et de mieux gérer les conflits, de lancer le processus de mise en place des commissions foncières de tous les villages de la commune, de mettre les règles et des solutions concernant nos préoccupations en matière de l’accès, sécurisation et gestion des conflits fonciers surtout en précisant le rôle de tout un chacun , de faciliter notre travail quotidien en tant qu’élu communal , de valoriser nos valeurs culturelles ; de renforcer la cohésion sociale entre les membres d’une même famille, etc. Ma commune est beaucoup appréciée par les partenaires grâce aux actions de AMEDD et ONU Femmes à travers les appuis auprès des femmes ».

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